Clement Janequin

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Clément Janequin (né à Châtellerault en 1485 Mort à Paris en 1558) apparaît être le maître de la chanson polyphonique au XVIe  siècle. Clerc, il a pourtant été plus original dans le domaine de la musique profane que dans celui de la musique sacrée. Son domaine propre est la chanson descriptive où il excelle. Elle lui vaut une renommée européenne dont la France à sa mort ne s’était pas encore aperçue. Son œuvre profane est composée de 254 chansons, la plupart à 4 voix, dont les grandes fresques La Guerre (ou La Bataille de Marignan), Le Chant des Oiseaux, Les Cris de Paris et Le Caquet des Femmes (à 5 voix)). Les autres chansons, comme Un mari se voulant coucher, sont de moindre dimension. 

La partie la plus originale et la plus célèbre de l’oeuvre de Janequin est constituée par les grandes chansons descriptives, de dimensions beaucoup plus amples que les autres et qu’on peut considérer comme les ancêtres de ce qu’on appelle « la musique à programme ». Les premières en date restent les plus connues : Le chant des oiseaux.

La forme de ces chansons à programme apparaît libre, conditionnée par le sujet traité : dans Le Chant des oiseaux, un refrain, « Réveillez-vous, coeurs endormis », et plusieurs couplets, chacun consacré à un oiseau différent ; dans la plupart des autres, deux grandes parties, introduites par une sorte de frontispice solennel en style d’imitation.  Voici donc pour conclure (provisoirement) notre itinéraire pour apprendre à connaître et reconnaître les émissions sonores des oiseaux, la chanson écrite par Clément Janequin : le chant des oiseauxDeux interprétations sont proposées : la première est au plus près de la création de Janequin. La seconde est un plus contemporaine…. 

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Le chant des oiseaux – Clément Janequin

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Le chant des oiseaux – autre version

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Archive de l'auteur

Eloge des oiseaux

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Giacomo LEOPARDI (1798-1837)
Traduit de l’italien par Joël Gayraud

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Par une matinée de printemps, Amelius, philosophe solitaire, se tenait entouré de ses livres, à l’ombre de sa maison de campagne, et lisait. Touché du chant des oiseaux qui volaient à l’entour, il se mit à les écouter et à méditer, puis abandonna sa lecture. Enfin, il prit sa plume et, sur place, écrivit ce qui suit.

Les oiseaux sont, par nature, les créatures les plus joyeuses au monde. Je ne prétends pas par là qu’à les entendre ou à les voir, l’on se réjouisse toujours; mais je veux dire que les oiseaux, en eux-mêmes, ressentent la joie et la gaieté plus que les autres animaux. Ceux-ci paraissent d’ordinaire sérieux et graves; nombre d’entre eux se montrent même mélancoliques: chez eux la joie ne se manifeste guère, et encore les signes en sont-ils timides et fugaces. Dans la plupart de leurs jouissances et de leurs plaisirs, jamais ils ne font fête ni ne témoignent d’allégresse. Les campagnes verdoyantes, les horizons dégagés et splendides, les soleils éclatants, les cieux cristallins et doux les charmeraient-ils, ils n’en laissent jamais rien voir; excepté les lièvres, dont Xénophon écrit qu’aux nuits de lune, surtout lorsqu’elle est pleine, ils dansent et s’ébattent ensemble, égayés par la lumière.

C’est dans leurs mouvements et leur allure que les oiseaux se montrent surtout si joyeux: et ce pouvoir qu’ils ont de nous réjouir à leur spectacle tient à ce que leurs manières et leur aspect expriment une aptitude naturelle, une inclination particulière à éprouver du plaisir et de la joie; et c’est là une apparence qui ne saurait être tenue pour vaine et trompeuse. En effet à chacun de leurs bonheurs, à chacune de leurs satisfactions, ils se prennent à chanter; plus ce bonheur et cette satisfaction sont vifs, plus ils mettent d’ardeur et de zèle dans leur chant; et comme ils chantent le plus clair de leur temps, ils doivent être de belle humeur et favorisés par le plaisir.

S’il est certain qu’à la saison des amours ils chantent mieux, plus souvent et plus longtemps, il ne faut pas croire qu’ils ne connaissent d’autres raisons, heureuses et agréables, de chanter. Ainsi l’on voit bien qu’ils chantent davantage par temps calme et lumineux que lorsqu’il fait sombre et que l’air est agité; et que dans la tempête ils se taisent, comme chaque fois qu’ils sont pris de frayeur. Mais celle-ci passée, ils reviennent avec leurs chants et leurs jeux. Et, de même, ils ont coutume de chanter à l’aube, dès le réveil, poussés en partie par la joie du jour nouveau, en partie par le plaisir que prend généralement tout animal à sentir ses forces restaurées par le sommeil. Ils tirent aussi une joie extrême des riantes prairies, des vallées fertiles, des eaux pures et transparentes et de la beauté du paysage. En cela il est remarquable que ce qui nous paraît gracieux et plaisant, le leur paraisse aussi, comme on peut le voir aux leurres dont on se sert dans les oiselleries pour les attirer vers les filets et vers les pièges.

L’on s’en rend compte également à la situation des lieux champêtres où ils se rassemblent en plus grand nombre et chantent avec plus de constance et d’entrain. Tandis que les autres animaux, si ce n’est peut-être ceux que l’homme a domestiqués et habitués à vivre avec lui, ne sont presque jamais sensibles à l’agrément et au charme des lieux. Et il ne faut pas s’en étonner, car ils ne sont sensibles qu’à ce qui est naturel. Or, en cette matière, la majeure partie de ce que nous appelons naturel ne l’est pas, et est bien plutôt artificiel; ainsi, les champs cultivés, les arbres et les plantes taillés et disposés avec art, les cours d’eau endigués et détournés de leur lit, n’offrent pas l’apparence que leur eût prêtée l’état de nature. Si bien que, sans parler des villes et des autres lieux où les hommes se concentrent pour vivre, l’aspect de tout pays civilisé, depuis des générations, est purement artificiel, fort différent en cela de ce qu’il serait naturellement. 

Certains prétendent, ce qui conforterait notre propos, que la voix des oiseaux dans nos régions est plus délicate et plus douce, et leur chant plus harmonieux que dans celles où les habitants sont rudes et sauvages; et ils concluent que les oiseaux, même à l’état de liberté, empruntent quelque chose à la civilisation de ces hommes dont ils côtoient les demeures.


Quoi qu’il en soit, ce fut une remarquable combinaison de la nature que d’accorder aux mêmes animaux le vol et le chant, car, ainsi, ceux qui ont à divertir les autres créatures avec la voix se rencontrent d’ordinaire dans les lieux élevés, d’où celle-ci peut se répandre plus largement à l’entour et toucher un plus grand nombre d’auditeurs; et d’autre part, l’élément destiné au son, l’air, se trouve peuplé de créatures chantantes et musiciennes. C’est vraiment un grand réconfort et un grand plaisir que procure, autant, me semble-t-il, aux animaux qu’à nous-mêmes, le chant des oiseaux. Je crois que cela tient moins à la douceur des sons, à leur variété ou à leur harmonie, qu’à cette idée de joie qu’exprime naturellement le chant, en particulier celui-là, lequel est une sorte de rire que l’oiseau émet lorsqu’il est plongé dans le bien-être et le contentement…

Le langage des oiseaux – deuxième partie

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Nous reproduisons ici des extraits de travaux de recherche de deux zoologistes

- Maxwell Robinson & Jean-François Timmers 

 http://www.protectiondesoiseaux.be/content/view/39/86/

Se reconnaître dans la foule

Le Fou de Bassan qui cherche sa compagne au sein de la colonie est confronté à un gros problème. Comment retrouver et reconnaître sa partenaire au milieu d’une foule aussi compacte ou, de surcroît, les mâles et les femelles se ressemblent comme deux gouttes d’eau ? Le nid constitue un bon point de ralliement, mais comment être sûr que l’oiseau qui s’y trouve n’est pas un intrus ?

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On a observé que les Fous réagissent toujours d’une manière ou d’une autre au cri d’atterrissage de leur conjoint. L’analyse a confirmé que ce cri contient des caractéristiques individuelles très marquées. Des oiseaux comme le Fou de Bassan n’ont pas une syrinx aussi développée que celle des passereaux. Les sons qu’ils produisent sont beaucoup plus simples et dénués de toutes les fioritures propres aux Oscines. Chez le Fou, ce sont les variations d’amplitude qui confèrent au cri son individualité.

Nombreux sont les oiseaux marins capables de s’identifier à la voix. Citons les sternes, les goélands, les guillemots, qui reconnaissent également leurs jeunes de cette manière.

La fonction territoriale

L’identification du chanteur peut être beaucoup plus précise. Le Rossignol, le Bruant des roseaux et bien d’autres reconnaissent personnellement leurs voisins.

Les mâles apprennent à se reconnaître les uns les autres au cours des duels homériques auxquels ils se livrent au moment du cantonnement. Tant que les frontières entre les territoires sont encore fragiles, les joutes vocales dégénèrent fréquemment en combats sans pitié. Lorsque chacun a assuré sa domination sur le terrain de son choix, les querelles s’apaisent petit à petit. Le chant est alors émis à des intervalles plus espacés. Il faut pourtant que tous continuent à signaler leur présence, car les voisins envahiraient instantanément un territoire qu’ils pensent inoccupé. Une fois les territoires établis, la reconnaissance des voisins évite aux oiseaux de perdre leur temps en batailles inutiles et dangereuses.

En effet, les voisins ne représentent plus une menace puisqu’ils ont leur propre domaine. Il n’en va pas de même pour un individu étranger, dont l’arrivée suscite une réponse très agressive.

Une arme dissuasive

Le chant constitue donc une première ligne de défense territoriale. Dans des conditions normales, l’arrivée du mâle en personne, les parades agressives et, si nécessaire, une attaque réelle viennent renforcer ces effets dissuasifs.

L’effet Beau Geste

Certaines espèces possèdent un répertoire de plusieurs types de chant, caractérisés par un ordre constant des notes et des phrases. C’est la cas de la Mésange charbonnière. Chaque individu dispose d’un répertoire de deux à six types différents. En quoi un répertoire est-il une meilleure barrière contre les intrusions qu’un seul chant ? Krebs, chercheur américain, pense qu’il s’agit là d’une habile manœuvre d’intoxication. La Mésange, en chantant de plusieurs façons différentes, tenterait de faire croire aux maraudeurs en mal de territoire qu’il y a chez elle autant d’individus que de types de chant. De cette manière, l’intrus est amené à surestimer le nombre de rivaux qu’il lui faudra affronter. Il préfèrera sans doute chercher ailleurs un sous-bois plus facile à conquérir.

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Le contrechant

Lorsque deux Merles se rencontrent à la limite de leurs territoires respectifs, il arrive qu’ils se livrent à une véritable joute oratoire. Le premier à s’exprimer lancera une tirade simple pour débuter, comme pour tester les réactions de son adversaire. Le second répondra en imitant le chant du premier, tout en y rajoutant quelques notes de son cru. Le premier reprend le nouveau motif en l’allongeant encore un peu, et ainsi de suite jusqu’à ce que les deux opposants se mettent à chanter en même temps de manière frénétique.

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Ces joutes vocales sont appelées contrechant. On pense qu’il s’agit pour les chanteurs de bien préciser à qui ils s’adressent. Quelqu’un qui est capable de siffler… comme un Merle peut lui-même dialoguer avec cet oiseau !

La fonction sexuelle

Séduire une femelle est la seconde des deux grandes fonctions du chant. Chez certaines espèces, le rôle territorial peut d’ailleurs être minime. Tout dépend des conditions écologiques et sociales dans lesquelles elles vivent.

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Le Phragmite des joncs, qui ne défend qu’un territoire minuscule autour du nid, est en revanche un séducteur hors pair. Il puise dans un large répertoire de notes les figures qui lui permettent d’improviser sans cesse les combinaisons les plus variées. A vrai dire, le Phragmite ne chante jamais deux fois la même chanson! Ses talents de compositeur lui donnent un ramage qui, s’il était plumage, ne pourrait être comparé qu’à la queue somptueuse du Paon. S’il se donne tant de peine, c’est parce que les femelles le jugeront sur ses qualités d’interprète. Ce sont les mâles qui ont le répertoire le plus étendu et le chant le plus varié qui s’apparient les premiers. Ils ont donc plus de chance que les autres de réussir leur saison de reproduction. Le Phragmite cesse de chanter sitôt qu’il a trouvé une compagne, ce qui semble prouver que ses vocalises ont une vocation essentiellement sexuelle. Si, d’aventure, sa partenaire l’abandonne, il se remet à chanter comme avant.

 

 

 

 

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Travaux d’études coordonnés par Laurent Dabouineau 

Le langage des oiseaux – première partie

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Nous reproduisons ici des extraits de travaux de recherche de deux zoologistes

- Maxwell Robinson & Jean-François Timmers  - 

http://www.protectiondesoiseaux.be/content/view/39/86/

Qui d’entre nous, par un petit matin brumeux d’avril, n’a été touché par la richesse mélodique et l’impression d’irrépressible optimisme qui émane du concert de la gent ailée ? Malgré leur indéniable talent artistique, ce n’est ni pour notre plaisir, ni pour le leur que les oiseaux chantent. Leur jolies ritournelles ont des fonctions biologiques précises : reconnaître un congénère ou un voisin, attirer une femelle et défendre le territoire de nidification en sont les plus importantes. Le chant représente un aspect essentiel du comportement des oiseaux. Il est aussi nécessaire à leur survie que la construction du nid ou la fuite devant un prédateur. Dans une tentative de comprendre comment et pourquoi les oiseaux chantent, nous vous invitons, le temps d’un article, à délaisser le point de vue du mélomane, pour celui, plus ingrat, du chercheur.

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 Les chercheurs font d’abord la distinction entre cris et chants 

Chaque oiseau à sa voix propre, ses cris et son chant caractéristiques. Les cris sont généralement courts, simples, et produits pendant toute l’année par la femelle aussi bien que par le mâle. Les chants, en revanche, sont longs, complexes et, sauf exception, émis exclusivement par les mâles en période de reproduction. Les cris ne sont émis que dans un contexte précis, ce qui permet d’en inférer aisément la signification. Il s’agit de l’alarme, de l’agressivité, de la détresse, du ralliement en vol, etc.

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Les chants ont pour fonctions principales d’attirer une femelle en vue de la formation d’un couple et de défendre le territoire contre des mâles rivaux. A ces deux rôles essentiels peuvent s’ajouter nombre de fonctions accessoires, qui sont d’ailleurs loin d’être toutes précisées.

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Alors que le cri ne véhicule qu’une information ponctuelle, un seul chant contient une multitude d’informations, notamment sur l’identité, la motivation et le statut du chanteur. De plus, la signification du chant peut varier selon le contexte dans lequel il est émis, ce qui ne facilite pas son interprétation. Enfin, selon qu’il s’adresse à une partenaire potentielle ou à un intrus du même sexe, le même chant voudra dire «viens ici» ou «éloigne-toi !». 

A grands coups d’ailes et de bec 

Nombre d’espèces font entendre des bruits qualifiés d’instrumentaux. C’est ainsi que le chevrotement si typique de la Bécassine des marais est produit par le plumage de sa queue. Lors des chutes en piqué qui accompagnent le vol nuptial, les rectrices externes sont maintenues à angle droit par rapport à l’axe de la descente. A près de 60 km à l’heure, le sifflement de l’air contre les plumes devient alors une sorte de bêlement très audible. 

Maints oiseaux utilisent aussi leur bec pour produire des bruits instrumentaux. Les Cigognes blanches, par ailleurs muettes, n’ont que leurs craquètements pour se faire entendre. Elles basculent la tête en arrière puis la ramènent vers l’avant en entrechoquant violemment leurs mandibules. Le formidable bruit de castagnettes est encore amplifié par le gonflement de l’œsophage. C’est grâce aux craquètements que les partenaires d’un couple se reconnaissent.

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 Une oreille de spécialiste 

Leur ouïe n’est peut-être pas très performante mais elle est parfaitement adaptée à la perception de leurs propres émissions vocales. La sensibilité maximale de l’oreille aviaire se situe précisément au niveau de la fréquence moyenne des chants, c’est à dire 2 Khz environ. De plus, son pouvoir de résolution est dix fois supérieur à celui de l’oreille humaine. II suffit de 2 à 3 millisecondes entre deux sons successifs pour que l’oiseau les distingue. Pour nous, l’intervalle doit être dix fois plus long. 

En d’autres termes, l’oiseau distinguera plusieurs notes clairement séparées dans un son que l’homme ne percevra que comme une modulation continue et informe. Tout se passe comme si l’échelle de temps des perceptions auditives était accélérée chez les oiseaux. En faisant défiler une bande magnétique au dixième de sa vitesse d’enregistrement, nous pouvons ramener un chant à notre propre échelle de perception. Toutes les espèces aviaires n’ont pas forcément un chant digne de ce nom, et beaucoup doivent se contenter d’un répertoire de cris. 

Des cris pour toute l’année 

Les passereaux sont les oiseaux chanteurs par excellence, mais ils ne sont pas les seuls à chanter: Coucous, tourterelles, rapaces nocturnes, courlis, Engoulevents possèdent également des vocalisations élaborées. Les autres groupes n’ont que leurs cris, mais cela ne veut pas dire que les oiseaux chanteurs n’en ont pas! Nous avons souligné plus haut la différence entre les chants et les cris. Les fonctions des cris sont beaucoup mieux connues que celles du chant. La raison en est qu’ils sont émis dans ses situations ou au cours de séquences comportementales bien précises.  Si un cri particulier est toujours produit lors des parades territoriales et des bagarres qui s’ensuivent, il est raisonnable de penser qu’il exprime l’agressivité et la menace. On peut ainsi établir le vocabulaire de chaque espèce. Celui des passereaux peut comporter jusqu’à quinze cris différents. Il y a des cris de détresse, des cris de ralliement, des cris d’envol et d’atterrissage, et souvent plusieurs cris pour l’alarme et pour les parades sexuelles. Il faut aussi mentionner les cris des jeunes, comme l’appel des parents et la demande de nourrissage. Chez les oiseaux marins vivant en colonies, les cris servent à reconnaître le partenaire. 

Cohésion et ralliement 

Les cris de contact social jouent un grand rôle dans la vie de tous les oiseaux. Ils sont émis régulièrement pour assurer la cohésion du groupe et synchroniser l’activité de tous ses membres. Ce sont ces cris qui s’enflent en un vacarme assourdissant lorsqu’une horde d’Etourneaux prend possession d’un dortoir pour la nuit ou s’abat sur les arbres d’un verger. Les oies ne cessent jamais complètement de pousser leurs coups de trompette. Mais sitôt qu’elles se rassemblent pour prendre leur envol, les cris se font de plus en plus fréquents. Ils retrouvent leur niveau normal quand la formation est stabilisée, pour augmenter à nouveau lors de l’atterrissage. Sans doute y a-t-il concertation sur la meilleure manière de manœuvrer ?

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Alarme et agressivité 

De nombreux cris sont associés à la peur et au danger. Il peut s’agir d’un cri de détresse, poussé lorsque l’oiseau se trouve dans une position déjà critique, ou d’un cri d’alarme lâché à l’approche d’un prédateur bien spécifique. Les passereaux ont parfois des cris d’alarme différents selon que l’ennemi vienne du sol (un chat ou un Renard, par exemple) ou du ciel (un rapace). Le Geai des chênes, surnommé l’alarme de la forêt, va encore plus loin: à la vue d’un Autour en chasse, il imite le cri de ce dernier, comme pour lui signifier qu’il a été repéré.

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L’Autour n’a plus qu’à abandonner sa quête, puisque sa victime potentielle est désormais sur ses gardes…Le cri de détresse est émis dans une situation de grand stress, par exemple quand l’oiseau a été capturé au filet. Parce qu’il est très intense, il est possible que ce cri puisse surprendre un prédateur et le faire lâcher prise (ce n’est malheureusement pas le cas du tendeur !). Les congénères qui l’entendent réagissent en général par une fuite éperdue. C’est pour cela qu’on diffuse parfois des cris de détresse sur les aéroports où les corvidés et les goélands constituent un danger pour le trafic aérien. Là où le fracas des réacteurs ne semblent pas les gêner le moins du monde, un cri de détresse provoque une panique immédiate. Cette méthode est également utilisée contre les Etourneaux pour protéger les arbres fruitiers. 

Des alarmes pour toutes les circonstances 

Il existe une ressemblance frappante entre les cris d’alarme de certains passereaux. Décrit comme un «tsit» dans les guides, il est émis à l’approche d’un rapace en vol. C’est un cri aigu que l’on retrouve chez les mésanges, les pinsons, les bruants, pour ne citer qu’eux. Sa qualité principale est d’être très difficile à localiser. L’oiseau qui alerte ses congénères trahit en même temps sa présence. Il est donc essentiel de donner le moins d’information possible sur sa position. On a remarqué que le «tsit» répond au mieux à cette nécessité, compte tenu des phénomènes acoustiques qui entrent en jeu dans la localisation d’une source sonore et des qualités auditives propres aux prédateurs concernés. Un début et une fin progressives, une note aiguë et constante: ces caractéristiques minimisent les indices permettant au rapace de localiser sa proie. 

 Le cri de harcèlement répond à des critères diamétralement opposés. Lorsqu’un passereau en maraude rencontre une Chouette hulotte, il lance une petite note rauque qui attire non seulement des congénères mais aussi des individus d’autres espèces. Quand un contingent suffisant est formé, l’escadrille piaillante se précipite à l’assaut. Harcelée de toutes parts, la Chouette ne peut que plier bagage et chercher ailleurs un endroit moins peuplé! Dans ce cas comme dans le précédent, l’évolution a façonné des cris très semblables chez plusieurs espèces. De cette manière s’établit une véritable communication entre celles-ci. Chacun comprend les alarmes des autres et la vigilance de chacun profite à tous. 

Pourquoi les oiseaux chantent – 1928

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‘Pourquoi les oiseaux chantent’ est un livre écrit par Jacques Delamain et publié en 1928. Suivront ‘les jours et les nuits des oiseaux’, livre qui raconte l’expérience de l’auteur avec les espèces rencontrées et ‘Portraits d’oiseaux’, complément décrivant la vie de ces mêmes oiseaux. Ces ouvrages sont les tous premiers écrits de vulgarisation ornithologique. Nous pouvons supposer qu’ils ont contribué à sensibiliser le plus grand nombre à la connaissance et la protection de l’avifaune. Le livre ‘Portraits d’oiseaux’, publié en 1938,  a été écrit en réponse à beaucoup de demandes concernant la connaissance des espèces. Il est illustré par Roger Reboussin dont nous avons reproduit ici quelques aquarelles.

 

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Pourquoi les oiseaux chantent – extraits 

Un matin de novembre. Les choeurs d’oiseaux ont commencé par un chuchotement doux. En lisière du bois, dans la tourbière où des traînées de brouillards s’attardent encore au-dessus des fossés gorgés d’eau, la troupe des Tarins verts, arrivée depuis quelques jours des forêts du Nord, fait jaillir des aunes un crépitement de notes métalliques. Plus loin, dans la vallée abritée, une bande d’Étourneaux emplit la cime du peuplier d’un bavardage à la fois chanté, parlé et sifflé, composé de tous les bruits de la nature, que ces mimes au manteau noir pointillé de blanc ont recueillis dans leur va-et-vient entre la plaine et la forêt. Une douzaine de petits Cinis, verts comme les Tarins, mais plus courts de bec et plus menus, laissent filtrer, entre les aiguilles des pins maritimes, un filet de son mince, strident, pareil à un bruissement de sauterelles. Au versant ensoleillé du coteau calcaire, une sonnerie de perles de verre entrechoquées signale, dans le noyer, la troupe des Proyers immobiles comme des feuilles brunes que l’hiver aurait oubliées sur les branches. Un peu plus tard, aux derniers rayons cuivrés, un autre choeur, le plus clair de tous peut-être, le plus frais, celui des Linottes, égaiera le jour finissant. L’oiseau n’est jamais tout à fait silencieux; créature sociable, nerveuse, perpétuellement en alerte, qu’un coup d’aile emporte dans l’espace, il doit communiquer constamment avec ses semblables à travers l’étendue. Il faut que le signal porte loin, pénètre le bois touffu, perce le vent. Du gosier aux multiples membranes, commandées par des muscles puissants, sortiront des sons, différents pour chaque espèce, ayant chacun une expression propre. Le cri d’appel rallie la bande dispersée dans les chaumes, vibre à travers la bourrasque, sur la côte marine, pour convier les Mouettes et les Hirondelles de mer au festin commun, ou retentit, aigu et mystérieux, pour assurer le contact entre les migrateurs nocturnes. Le signal d’alarme éclate, sonore, sous le coup de la surprise, ou naît en sourdine et comme chuchoté de proche en proche, à la menace du vol de l’Épervier. La note d’étonnement, celle de colère, que la mère inquiète jette à l’intrus, font blottir la couvée au creux du nid; ou bien c’est dans un tumulte de cris de défi et de ralliement au combat que la Chouette Chevêche, découverte en plein jour sur la fourche de la grosse branche de l’orme, est houspillée par les Mésanges et les Pinsons. Et encore, quand le Busard surgit, très loin dans le ciel, sa femelle, qui couvre les petits vêtus de duvet blanc, s’est envolée vers lui : elle a perçu, bien avant l’oreille humaine, la vibration aiguë annonçant qu’il tient, dans une de ses pattes, le campagnol pour le repas de la couvée. Comme tous ces cris, les voix de l’hiver ne sont pas encore du vrai chant mais l’expression d’émotions simples, l’émanation de l’esprit du troupeau. La solidarité des mauvais jours a réuni les oiseaux par espèces. Ensemble, ils ont volé au terrain de pâture, dormi dans les taillis bas ou dans la tête touffue des pins. Le premier rayon de soleil, dans la matinée froide, a fait jail­lir de leur gosier les notes joyeuses : sensation de bien-être, les ailes, encore mouillées par le bain, étalées à la lumière; joie d’être ensemble, de même plumage, de même vie, de même âme… 

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 …Chez les plus doués eux-mêmes, les Passereaux, le chant, avant d’atteindre à la beauté, hésite et tâtonne. Beaucoup d’espèces n’ont qu’une seule note, à peine distincte du cri. Le Bruant des haies, perché sur le buisson d’aubépine, zézaie inlassablement son unique syllabe. Ses cousins, le Bruant jaune et l’Ortolan, ont trouvé la phrase simple, monotone au début, mais qui s’épanouit en finale sur une claire note tenue. Le Pinson l’amplifie dans son refrain précis, au crescendo éclatant. La Linotte et le Chardonneret la prolongent et la rompent en un récit musical assez confus mais spontané, ingénu et ponctué de fraîches exclamations. L’Alouette des champs varie ses combinaisons, compose, improvise et, sur la trame musicale la plus simple, touche au grand art. Avec un timbre plus plein, les Fauvettes assemblent leurs notes en chansons joyeuses, limpides, un peu faciles. Une d’elles, la Fauvette à tête noire, dans sa belle phrase sonore et largement rythmée qu’elle lance à plein gosier, fait pressentir déjà la famille des maîtres, celle des Turdidés ou Grives, qui donne sous nos climats quatre grands artistes : le Merle, la Grive musicienne, le Rossignol et le Rouge-Gorge

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 Le premier, l’oiseau noir au bec jaune, le roi des haies, anime nos campagnes, dès que l’hiver s’adoucit, de sa strophe aux tons flûtés et pleins. La phrase est un peu courte, mais riche et bien liée, la cadence est belle, l’émission aisée, liquide, sereine. Dans le carillon rythmé de ses notes claires, rapides, imprévues, la Grive musicienne enferme toute la joie de vivre, la véhémence capricieuse et gaie, et c’est l’hymne le plus frais du premier printemps qui jaillit de sa poitrine rousse mouchetée de noir. Un peu plus tard, en avril, le Rossignol déploie, dans son chant nocturne, ses accents passionnés, ardents, sincères. Celui-ci possède toutes les ressources de l’art : en une vingtaine de strophes différentes, il accumule ses notes pleines et riches, il les lie, les oppose, les répète. A peine s’est-il tu, aux premières lueurs de l’aube, que le Rouge-Gorge fait entendre sa voix aux modulations infinies; elle est toute en nuances, sans cesse variée dans son thème, successivement au diapason de tous les chants, de tous les cris de la nature, et si insaisissable dans ses sautes imprévues que le petit oiseau brun à la poitrine couleur de rouille peut chanter tout près de nous sans que nous le remarquions. 

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 Mais voici la vie émotive de l’oiseau à son comble : bien-être, joie d’exister, bonheur de se sentir à sa place dans le coin de nature élu, de tenir le territoire en face des convoitises rivales, désir et possession de la compagne. Le chant, détente libératrice d’une plénitude vitale que l’oiseau ne peut contenir, est émis par le mâle avec des attitudes souvent étranges, tantôt frénétiques, tantôt figées, qui trahissent l’agitation profonde de l’être et le transfigurent. Les Bruants, perchés sur l’extrême bouquet de feuilles de l’arbrisseau, renversent la tête en arrière, dans une pose extatique. Le Chardonneret, les ailes pendantes, remue son corps de côté et d’autre, sur le pivot de ses pattes grêles. La Huppe, d’un geste grave, à chacun de ses « pou-pou-pou », salue en déployant son aigrette. Le Traquet Pâtre, quittant son observatoire sur la tige recourbée de la ronce, se maintient en l’air, par l’agitation rapide de ses petites ailes, comme s’il était suspendu à un fil invisible, pendant qu’il égrène sa chansonnette acide. La Fauvette grisette se lance au-dessus de la touffe de l’églantier, pirouette en l’air et retombe, pour y finir sa strophe, dans le fourré. Le Cini, le Verdier, la Linotte, au vol d’ordinaire court et saccadé, glissent maintenant dans l’espace, les ailes largement étalées, avec des souplesses de chauve-souris… 

Des livres sonores

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lechantdesoiseauxlivre.jpg                  Le chant des oiseaux                       livreco1copie.jpg

 

Trois livres sont parus sur notre thème ; ils peuvent tout trois faire partie de votre ‘boite à outils’. Rendons tout d’abord un hommage au tout premier livre écrit sur le sujet et édité au Sang de la terre. La première édition date de 1991 et toute la partie ‘enregistrer le chant des oiseaux’ a été rédigée par Jean Claude Roché. Ce livre a été réédité en 1998 et cette fois, c’est François Charron qui a rédigé cette troisième partie. Les deux premières, quant à elles, ont été rédigées pour les deux éditions par André Bossus, enseignant en biologie et ornithologue, en Suisse. Dans la première partie intitulée ‘comprendre le chant des oiseaux’, André Bossus traite du son, de ses caractéristiques et particularités avant d’aborder les sons produits par les oiseaux, leur perception, origine et structure des chants, l’apprentissage, la variabilité. Dans la seconde, ‘reconnaître le chant des oiseaux’, méthodes d’analyse, d’apprentissage, classement, description, conseils pratiques et même propositions d’activités sont présentés avec beaucoup de pédagogie et de connaissances du sujet.

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Enfin, le CD qui accompagne le livre propose 60 espèces communes. Une clé originale permet d’écouter les cris et chants selon une distinction qui porte l’écoute de cris formés de notes identiques, répétées irrégulièrement à des chants de longue durée. Un petit outil qui peut être fort utile lorsque l’on cherche à reconnaître une émission sonore ou à la mémoriser.

 

Guide des chants d’oiseaux d’Europe occidentale

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Nous retrouvons André Bossus et François Charron dans la rédaction de ce ‘Guide des chants d’oiseaux d’Europe occidentale’, aux éditions delachaux et niestlé. Paru en 2003, ce guide présente de façon originale 180 espèces d’oiseaux « parmi les plus représentatives d’Europe occidentale ». On y trouve décrit, analysé et comparé, plus de 500 types de chants ou de cris. Les 180 espèces sont réparties dans six chapitres et classer dans chacun de ces chapitres, dans trois catégories, selon la complexité du cri ou du chant. On retrouve donc la démarche proposée dans ‘Le chant des oiseaux’, au Sang de la terre, mais cette fois la dimension ‘milieu naturel’ est mise en avant pour retrouver un chant ou un cri. Bref, un guide de chants d’oiseaux qui a une véritable valeur comme guide de connaissance des oiseaux dans leur milieu et qui facilitera la reconnaissance dans vos excursions ornithologiques. 2 CD accompagne le livre.

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La voix des oiseaux

Ce dernier livre édité en avril 2008, aux éditions delachaux et niestlé, est une traduction anglaise. Ecrit par The sound approach, groupe composé de Arnoud B., Van den Berg, Mark Constantine et Magnus Robb, ce livre présente quelques originalités. La préface nous en précise le contenu. « le moment est venu de fournir les bases lexicales et biologiques requises pour combler le fossé entre la dimension sonore des oiseaux et l’approche visuelle de l’ornithologique, infiniment plus exploitée ». Pour mieux comprendre l’approche proposée surtout ne pas lire les titres de chapitres, ‘je fais de l’ornitho avec Bill Smith’, ‘Magnus Robb et les « têtes noires »’, plus significatifs de l’humour des auteurs. Ils s’intéressent en fait à l’enregistrement de chants d’oiseaux et sa complexité puis essayent de concevoir les spécificités des chants d’oiseaux en termes de code, de proximité, de différences et de singularité. C’est donc la grande diversité des cris et chants d’oiseaux que nous sommes invités à comprendre du fait de la différence entre espèce et individu. L’individu peut par exemple générer des particularités dans son chant. Ces particularités ont des significations à décoder. L’ensemble de ce travail est accompagné de 2 CD dont les plages servent d’arguments à beaucoup de commentaires, riches et originaux.

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Un DVD Le chant des oiseaux

 

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Seul et unique DVD d’apprentissage au chant d’oiseaux, ‘le chant des oiseaux’ est le fruit d’un travail de 25 ans sur le sujet par l’auteur, Claude Lemmel. Il a rassemblé une équipe de spécialistes pour constituer ce cédérom :

  • Jean Claude Roché, bio-acousticien, qui a apporté l’essentiel des sons et a participé à l’écriture des textes,

  • Serge Nicolle, dessinateur animalier, auteur des croquis de terrain, des aquarelles et des acryliques,

  • Philippe Pulce, naturaliste amateur, auteur des portraits d’oiseaux réalisés en digiscopie,

  • Vincent Munier, photographe naturaliste professionnel, auteur des photos des comportements des oiseaux.

Avec ce DVD, vous allez rentrer dans le monde des chants d’oiseaux et aborder les différentes facettes de ce champs de connaissance. Bien loin de ne vouloir transmettre que des connaissances, grâce à son interactivité, ce DVD vous permet aussi d’apprendre à reconnaître les émissions sonores des oiseaux par milieu. Un travail unique et original qui doit trouver sa place dans votre « boite à outils » pour l’apprentissage à la reconnaissance des chants de l’avifaune. L’auteur a réalisé d’autres cédéroms et vous trouverez des informations complémentaires sur son site : http://www.nature-interactive.org/chant.html

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En voici une présentation par l’auteur, lui-même :

Ce cd-rom permet une découverte interactive des chants d’oiseaux.

  • Le premier chapitre « le chant des oiseaux » étudie les vocalisations des oiseaux du point de vue de leur musicalité et apprend à se former l’oreille pour discerner la richesse et la subtilité des chants d’oiseaux.

  • Le second chapitre « Pourquoi chantent-ils » décrit les différents comportements (sexuels, sociaux, agressif, défensif, …) au cours des quels les oiseaux émettent des chants ou des cris.

  • Le troisième chapitre « Reconnaître les chants » présente les oiseaux les plus communs d’Europe occidentale.

  • Enfin le quatrième chapitre « Chants communs milieux par milieux » permet de se préparer à aller écouter les chants dans la nature et, sous forme de jeu, de tester ses connaissances.

Au total ce sont 240 espèces d’oiseaux qui sont présentées par leurs chants ou par leurs cris et illustrées d’un millier d’aquarelles ou de photographies. Un index interactif permet d’accéder directement à tous les écrans qui traitent d’un oiseau donné.

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Le chant des oiseaux est étudié d’abord du point de vue de sa musicalité pour aider les débutants à se « former l’oreille ».

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Des sonagrammes permettent de visualiser les sons tout en les entendant et aident à mieux discerner des sonorités très différentes de celles auxquelles la voix humaine ou les instruments de musique nous ont habitués.

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Des écoutes au ralenti permettent d’entrer dans la musique cachée des chants les plus rapides et les plus aigus, comme celui de l’alouette des champs.

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Exemple d’écran du chapitre « chants communs milieu par milieu ».

Une encyclopédie de chants et de cris d’oiseaux

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Vous avez découvert en page sur « L’Ecoute » (ou vous allez le faire !) les premiers formats d’encyclopédie sonore de chants d’oiseaux (disques 45 t. et K7), voici le ‘must’ actuel, les encyclopédies sur CD. Apparues il y a quelques années, deux grandes éditions sont à retenir pour se constituer la banque sonore qui vous sera utile à la détermination des chants d’oiseaux.

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Commençons par Le coffret Ornitho édité par les Editions Sittelle : http://www.sittelle.com/. Ce coffret est le digne successeur des disques et K7 sur le même thème. Il regroupe 10 CD des enregistrements de Jean-Claude Roché et vous présente les cris et chants de 442 espèces d’oiseaux d’Europe, et de 39 espèces d’oiseaux Maghrébins. C’est un premier pas vers la constitution de votre boite à outils sonore. A ce coffret, vous pouvez ajouter ou substituer un ou plusieurs double CD, chez le même éditeur, qui présentent une gamme assez complète d’oiseaux les plus observés, par milieu.

   

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Autre grand éditeur, l’Oreille verte : http://www.oreilleverte.com/www/. Chez cet éditeur, Fernand Deroussen, vous trouverez la fameuse encyclopédie réalisée par des allemands et composée de 2 CD Mp3 (qui regroupent 17 CD à l’origine) des oiseaux du paléarctique. Certains fichiers audios viennent de Jean-Claude Roché mais pour compléter le travail présenté ci-dessus, les auteurs n’ont pas hésité à recolter de nombreux sons.  819 espèces d´oiseaux d´Europe, d´Afrique de Nord et d´Asie occidentale – 2817 enregistrements représentant chants et cris – facilement accessibles – Compilation : Andréas Schultze – Livret 64 pages en allemand – traduction française téléchargeable sur internet. C’est toute la richesse de cette encyclopédie, la plus imposante, la plus complète à ce jour pour la zone géographique qui nous intéresse. Vous trouverez encore des CD et un coffret réalisé par l’éditeur, lui-même, sur les passereaux. De longues plages d’enregistrement se succèdent pour donner à ce coffret une qualité d’écoute de la diversité des chants d’oiseaux. D’autres familles suiveront.             

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Deux autres adresses pour trouver des informations et CD intéressants  :

logoorni.jpg      http://www.ornithomedia.com/accueil.php

f.jpg      http://www.fremeaux.com/

Recueillir les émissions sonores des oiseaux

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L’observation des oiseaux nécessite une paire de jumelles pour regarder les détails de l’espèce que l’on cherche à reconnaître. Des guides de terrain n’ont cessé d’être éditer depuis quelques décennies. Ces guides tentent de décrire les chants et les cris des oiseaux. C’est parfois drôle, rarement efficace pour un travail d’identification d’une espèce. Pour exemple, la Sittelle torchepot émet les cris suivants (in Le guide ornitho, Delachaux et Niestlé, p. 322) : « zitt » ou « ziit », « tuit » ou « tchuit » et son chant « vuih, vuih, vuih, vuih,… » ou « viiu, viiu, viiu viiu, … », « vivivivivivivivi… ».

 

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Toutes ces informations n’ont pas d’intérêts lorsque l’on ne reconnaît pas du tout l’espèce par une quelconque émission sonore. Par contre, dès que vous allez commencer à établir un rapprochement entre un cri ou un chant et l’oiseau, lui-même, bien observé et mémorisé par l’oeil, alors ces informations seront d’une aide précieuse. Ainsi, le « zitt » aigu ou « ziit » plus étiré est un cri de l’oiseau en quête de nourriture. Le « tuit » énergétique, très sonore, ou « tchuit » vaguement montant, souvent répété rapidement en groupes brefs avec de courtes pauses sont des cris d’excitation ou d’alarme. Enfin, son chant « vuih, vuih, vuih, vuih,… » ou, « viiu, viiu, viiu, viiu, … » ou variations rapides, « vivivivivivivivi… » à sonorités claire, montre divers types de chant, tous sonores, souvent avec sifflements assez lents, un peu montants ou descendants.

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Un premier effort va être dans la mémorisation de ce que vous venez d’entendre sur le terrain. Une mémorisation possible à court terme mais qui devient exercice de style lorsque vous avez entendu plusieurs chants et ceci pendant une à deux heures de balades. Comment « conserver » un chant d’oiseau que l’on souhaite reconnaître ? La méthode toute simple va consister à enregistrer le chant ou le cri entendu. Les supports sont connus. Un simple enregistreur analogique, type magnétophone de poche, peut suffire pour enregistrer un oiseau à quelques mètres. Ce n’est pas la qualité qui est recherchée mais une trace sonore. Elle sera souvent déterminante pour pouvoir identifier l’oiseau.

 

 

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Cette identification se fera ensuite par comparaison avec une banque sonore que vous devez vous constituer (voir l’article « Les banques sonores  »). C’est tout du moins le conseil que je donne car il a été le plus efficace pour moi. Une autre démarche, qui peut être complémentaire à celle-ci, consiste à « orthographier » le chant ou le cri entendu. C’est une « notation » par signes qui peut prendre diverses formes mais que je n’ai pas retenu personnellement.

 

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En voici deux exemples, extrait du livre : Bossus A., Charron F., Le chant des oiseaux, Ed. Sang de la terre, p 85  (vous en trouverez d’autres dans l’article « La notation des chants d’oiseaux  »). Si vous n’avez pas réussi à retrouver le chant ou le cri de l’oiseau grâce à la comparaison avec votre « banque sonore », vous pouvez toujours faire écouter l’extrait par un ornithologue confirmé. L’écoute de votre enregistrement sera toujours plus efficace qu’un long discours. Enfin, cette démarche n’apporte pas toujours ses fruits ; c’est pourquoi, dans ces efforts de reconnaissance de chants d’oiseaux, vous allez devoir apprendre à gérer vos frustrations…

Depuis l’enregistrement analogique, le numérique a fait son apparition. A faible investissement financier, il est plus efficace car la conservation et l’écoute du fichier informatique est possible sur ordinateur et tout lecteur de fichiers son informatisés.

Un petit instrument a même été inventé pour l’ornithologue. Il s’agit du « Remenbird ». Il s’adapte sur votre paire de jumelles et enregistre le chant de l’oiseau que vous êtes en train de mirer. Si vous êtes intéressé, rendez vous à l’adresse internet suivante :  http://www.ornithomedia.com/boutique/boutiq_autres1_remembird_index.htm

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L’Edirol R-09 (R-09 HR, le dernier modèle) est un petit enregistreur numérique de qualité et simple d’utilisation.

Le Remembird est succeptible d’être tout aussi efficace mais je ne le connais pas personnellement.

2.gifIl devient même possible d’envoyer par mail votre son récalcitrant,

 à un ornithologue connaisseur des chants pour identification. Bref, plus besoin de se déplacer.

 

Plus besoin non plus de se déplacer avec une platine portative et ses disques

 (blague, je ne connais personne qui l’ai fait !). Pour mémoire, deux couvertures du ‘Guide sonore

des oiseaux d’Europe’, édité en disques 45 tours par Jean-Claude Roché…

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Ce premier support commercial a été ensuite remplacé par la création de cassettes

 (deux cassettes dans le ’Walkbird’ édité par Jean-Claude Roché).

Retrouver un chant était chose aisée, il suffisait d’appuyer sur les touches ‘REW/REVIEWet FF/CUE

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Les encyclopédies sur CD bouleversent aujourd’hui complètement la donne. Avec un lecteur CD, relativement simple à utiliser sur le terrain, il est possible de retrouver assez rapidement un chant ou un cri en « sautant » de plage en plage. La transformation de ces cris et chants d’oiseaux en fichiers Mp3 permet de stocker l’encyclopédie sur une clé USB, une Sdcard, etc. 400 MO suffissent bien souvent pour le stockage de près de 1800 fichiers de cris et de chants d’oiseaux du paléarctique. Les lecteurs font légions et sont d’une très grande simplicité d’utilisation. J’utilise pour ma part un pocketpc qui me permet de stocker sons, photos, dessins, sélectionnés par moi-même mais les anglais ont réalisé un logiciel qui reproduit le guide ornitho sur pocketpc, en vente aux Editions Sittelle (voir l’article « Les banques sonores  »).Toujours une longueur d’avance, ces ornithos anglais !

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Enfin, pour terminer cet article, je rajouterai que vous allez devoir « apprivoiser » votre banque sonore. Tout comme une discrimination est nécessaire dans l’identification par observation, milieu, taille, couleurs, mœurs, etc., la comparaison entre un chant ou un cri enregistré avec une encyclopédie sonore demande de noter ou de se souvenir de quelques critères. Le milieu naturel est déterminant ou la famille supposée de l’oiseau. Il serait sinon fastidieux de devoir comparer près de 1800 fichiers avec votre enregistrement. Avec le temps, seuls quelques fichiers deviennent pertinents pour l’identification. Et ces fichiers, vous les avez en tête avant la comparaison. Il existe aussi des CD par milieu qui facilitent cette discrimination nécessaire et certains livres avec CD ou DVD ont été écrits dans le sens d’une aide à la détermination (voir les articles « Les banques sonores », « Un DVD le chant des oiseaux » et  »Des livres sonores  »).

Bref, au travail !

La difficulté d’apprendre le chant des oiseaux

 

 

 

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 Le réveil des oiseaux – Extraits – Ambiances périgourdines – Philippe Perez - 3:40′

« La nature, les chants d’oiseaux ! Ce sont mes passions. Ce sont aussi mes refuges. Dans les heures sombres, quand mon inutilité m’est brusquement révélée,… – que faire, sinon retrouver son visage, dans les champs, dans la montagne, au bord de la mer, au milieu des oiseaux ? 

« C’est là que réside pour moi la musique. La musique libre, anonyme, improvisée, pour le plaisir, pour saluer le soleil levant, pour séduire la bien-aimée, pour crier à tous que le pré ou la branche sont à vous, pour arrêter toute dispute, dissension, rivalité, pour dépenser le trop-plein d’énergie qui bouillonne avec l’amour et la joie de vivre, pour trouver le temps et l’espace et faire avec ses voisins d’habitat de généreux et providentiels contrepoints, pour bercer sa fatigue et dire adieu à telle portion de vie quand descend le soir. »

 

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Ces paroles, écrites par Olivier Messian en 1959 et rédigé à la veille de la création du Catalogue d’oiseaux, nous pouvons les faire nôtres. Combien sommes-nous à reconnaître les chants d’oiseaux de notre environnement, de notre région, et des rencontres faites tout au long de nos voyages ? Ne sommes-nous pas comme Olivier Messian, lorsqu’il nous dit : « …j’ai noté des chants d’oiseaux avec des ornithologues qui m’accompagnaient et qui me renseignaient sur le nom et la nature des oiseaux. Nos échanges n’étaient pas très faciles car la plupart du temps, je ne parlais pas leur langue ni eux la mienne. »

 

Mais tous ceux qui aujourd’hui reconnaissent les chants d’oiseaux, ont travaillé et travaillent toujours à ce jeu de reconnaissance. Ce travail est accessible à tous, pourvu que nous l’acceptions. Certes, il y a toujours la possibilité d’emmener avec soi en balade, une fine oreille mais avouons que la chose n’est pas toujours aisée. Les pages qui suivent, veulent vous aider à rentrer dans cette démarche de reconnaissance des chants d’oiseaux et des chants de la nature.

 

 

 

 

La « boite à outils » de l’ornithologue à grandes oreilles doit répondre aux questions suivantes :

 

  1. Comment apprendre à reconnaître quelques chants d’oiseaux simples dans mes balades quotidiennes ?
  2. Quels sont les outils sonores pour me familiariser avec les chants et les cris d’oiseaux ?  
  3. Au fait, que représentent toutes ces émissions sonores de l’avifaune ?

 

 

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